Séance 2

Le texte qui suit a été tiré du journal de voyage d’un purificateur Obsidien, Al. Attention donc, genres incertains.

Tout travail mérite salaire, et vice-versa.

Syd et moi errons chez les Trolls de cristal, ayant perdu de vue nos compagnons précédents. Avant d’aller se renseigner sur la corruption que nous avons constaté, nous décidons d’aller rendre visite au capitaine Vent-du-Nord, la sylpheline qui nous a engagé pour le transport des boulets. Nous le trouvons au Coup-de-Tonnerre, fumant la pipe dans une loge “Visiteurs Importants Prioritaires”. Notre paye nous est donnée en monnaie sonnante et trébuchante, et nous prenons congé de lui pour aller voir Cornedure, selon son conseil. En lui parlant, il s’avère qu’il a déjà recruté trois adeptes pour enquêter sur cette affaire de corruption, et qu’ils partent le lendemain, à 7h00 précises.
Nous avons affaire, le lendemain, à nos futurs coreligionnaires. Je vais essayer ici d’en faire une rapide description. Voici donc ce qu’un troll aurait vu, en passant devant la table de briefing. Tout d’abord, le plus visible, un trol du nom de Jarod Cornevrille. Mesurant près de huit pieds et demi, il n’arbore que des débuts de corne, et sa pilosité commence à se développer. Il porte une immense hache à lame en cloche dans le dos. Très belle hache, belle facture. Il y avait ensuite un ork, Tazok. Mais les siens l’appelle Oeil-de-sang. Je l’appelle Tazok, ses yeux vont bien. Sa stature est plus imposante que celle d’un humain, et ses cheveux se regroupent en cordes sur son crâne. Sa barbe est semblable à du bois. Je crois qu’il faut dire “lui”. Il a une bandoulière chargée de petites statuettes et osselets, et un bâton avec un crâne de loup monté au bout. D’un goût douteux. Le dernier était un vit-vite, un humain d’une trentaine d’années. Son visage pâle à l’extrême est scarifié par la magie, ses yeux sont noirs. Un livre scellé est à sa ceinture. Ses cheveux blancs contrastent avec son apparent jeune âge, et il fait un autre constraste amusant, ainsi vêtu de blanc à coté de Syd, taciturne dans ses frusques noires.
Une fois les présentations terminées, nous allons pour mettre à bien la misssion donnée par Cornedure, et entreprenons le voyage.

En route pour la forêt humide

Tout est trempé par une tempête. Nous arrivons auprès du cadavre corrompu du loup rencontré et achevé plus tôt. Alors, Tazok sort une statuette représentant une plante munie d’une bouche, et colle son oreille contre l’arbre. Le Hêtre lui dit ( ? ?) que toute la forêt est malade, et que la source de la corruption serait à “la vieille mare”. Civilement, l’arbre nous indique la direction à suivre, via le chaman.
Une fois arrivé à l’étang, les tergiversations commencent. La mare est à peu près circulaire (20m de rayon). L’eau y est complètement noire, et toute vie alentour a disparu. Les arbres sont morts et desséchés, ou agonisants et hurlant de douleur. (Dans le plan astral en tout cas, ici, c’est le silence total.)
Tazok, à l’aide de sa canne à pêche, sonde le fond. Sans conclusion. Je décide de partir à l’opposé voir si un éloignement et un anti-éloignement se compensent. Jarod vient avec moi. Nous nous perdons sévèrement, et la journée est passée à nous retrouver. Nous finissons par réussir.
Mais lorsque Jarod suggère de tester l’eau du lac sur un être vivant, Tazok voit rouge, et le ton monte incroyablement vite. Il dit à Jarod qu’il n’à qu’à essayer sur lui. Son Gahad étant menacé, la jeune trolle relève le “défi”. Et rien ne se passe. Tazok est apaisé, Syd dépité du manque de raisonnable de ses compagnons.
Plus tard, la nuit tombe sur le camp, et je commence à graver ces tablettes. Pendant la nuit, au tour de garde de Jarod, il nous alerte en ces mots : “Là ! Un sylphelin et deux Ours !” Sautant sur nos membres inférieurs, nous courons à la rescousse. Effectivement, deux ours corrompus poursuivent un sylphelin un peu débordé, qui nous dépasse en bruissant et va se percher plus haut. Jarod charge contre les ours, je le suis de loin avec Syd. La hache du troll est colossale. Hélas, son moulinage est arrêté par un coup de patte bien placé. Mon bras en écharpe ne me permet pas de riposter convenablement, et l’elfe est également blessé rapidement. C’est une flèche de la sylpheline, proprement fichée dans la trachée de l’ours vainqueur de Jarod, qui en aura raison. L’autre est percé par une lance magique qu’Enki a fait apparaître.
La sylpheline, Aylaan, explorait seule ( ! ?) la forêt corrompue. Nos buts convergeant, elle se joint à nous. Je bande les blessures de Jarod. Le lendemain, nous retournons à la mare. Syd nous informe que près d’un bord, là où quelques bulles crèvent la surface de jais, quelque chose gît. De cette chose jaillissent des filaments de magie qui partent dans toutes les directions.

La bille sous la mare

Je finis par plonger, et trouve une pièce sous l’eau, avec de l’air dedans. Je remonte chercher les autres, et nous redescendons. Aylaan reste dans mon arrosoir pour éviter de mouiller ses ailes. Apparemment, ç marche. Nous sommes dans une grande pièce, avec une colonne de marbre au centre sur laquelle est disposée une grande vasque. Une bille de verre se trouve au centre de la vasque, lumineuse. Syd nous prévient que, dans le plan astral, la vasque supporte un sphéroïde percé de trous. Il contiendrait une Horreur Sifflante, très puissante, et les trous permettraient à la corruption de se propager. Au pied de la vasque, une petite tablette de pierre est posée. Un loup (le masque) est gravé dessus. Pour Aylaan, il s’agit d’une carte de visite, de quelqu’un ou d’une faction. Inconnue. Nous ne savons pas quoi faire, et il est proposé de ramener la tablette à nos employeurs. Lorsque Syd traverse l’eau avec la tablette, un bruit de verre cassé se fait entendre.
Nous sortonsdans la panique et la précipitation, la bille s’étant éclaté dans la vasque. L’elfe chasseur d’Horreurs nous rassure en nous disant que l’Horreur est extrêmement aggressive. En effet, si elle était libre, elle nous aurait attaqués. Nous filons chez nos patrons. L’ascension est pénible à nouveau, particulièrement à la couronne de tempête. Nous surveillons les blessures et avançons à bon rythme. Au passage devant la falaise avec les traces d’explosion, Aylaan s’interroge. La réponse de Jarod fuse, “C’est la légende du boulet”. L’hilarité temporaire passée, l’excursion reprend et nous finissons par arriver à la base Troll. Aylaan fait le serment du sang après de très brèves ( ?) négociations, et nous retrouvons un officiel Troll au Coup-de-Tonnerre.
Après un résumé rapide, il emporte la tablette et nous dit d’attendre en ville quelque temps. Tazok disparaît alors. Syd, Jarod, Aylaan, Enki et moi allons chez Renna la chamane. Nous y retrouvons Tazok. La chamane nous dit qu’elle peut purifier la zone, et ça, c’est bien. Elle accepte ma gravure d’excuse.
Les gens se posent des questions et tergiversent sur l’Horreur. Nous nous retrouvons tous le soir au Coup-de-Tonnerre.
Enki et Jarod nous racontent leur passage chez les Forgerons, qui ont reçu la tablette pour identification. Les talentueux trolls n’ont cependant jamais entendu parler d’une prison pour Horreurs. Étrange. C’est donc entre filles que nous buvons à nos échecs. Je le sais parce qu’Aylaan me l’a précisé.
Jarod et Enki boivent la bière Troll comme le lac boit l’eau de la fonte des neiges. J’ai mal au crâne en me levant le lendemain.

La purification de la forêt

Le lendemain, nous accompagnons donc Renna, à part Jarod et Enki qui sont partis voir les Forgerons. Je grave mon surnom sous la trace d’impact de la falaise, au passage. Pendant cetemps, Enki et Jarod sont éconduits par des Forgerons overbookés. Ils essaient de nous rattraper. Entretemps, nous arrivons dans la forêt. Tazok et Renna échangent d’incompréhensibles syllabes.
Une vingtaine de jeunes chamanes nous accompagne également. En arrivant près de la mare, les chamaneux nous disent que les arbres ne reçoivent plus de corruption, et commencent le rituel.
Nous restons loin, immobiles. Syd note à ma place “Les chamans se mettent en cercle pour le rituel autour de la mare. Alphonse est en mode caillou. Les chamans sortent de petites statues en forme de feuille. Ils murmurent quelques
paroles… Ils semblent en combat mental contre la terre elle-même. Horreur. Certains chamans tombent au sol. Un cercle blanc se dessine entre eux, s’agrandit doucement, puis explose.”
La salve est très agréable quand elle passe. Renna pose son fétiche et déclare le rituel terminé. Alors que nous repartons, le bucolique semble déjà reprendre ses droits. Nous voyons un papillon. Le voyage retour se passe sans encombre. Tazok disparaît dès l’arrivée. Jarod, invité chez les Forgerons, nous informe à son retour que la tablette est une signature magique. Par exemple, ça peut être une blague… ( ? ? ! ! ! ! ! ? ? !), ou un magicien puissant qui aurait enfermé une Horreur, laissé des trous, et mis l’Horreur là pour corrompre les environs. Il faut chasser cette immonde personne. Je me sens érodé.
Nous tergiversons sur les renards mis intentionnellement dans les poulaillers, autour de bières. Tazok revient, ravi, ravivé, et ravit viandardes victuailles. Il mange beaucoup et très salement. Syd hausse les sourcils. Après lui avoir résumé la situation, nous allons dormir.
Á 5h du matin, on vient nous réveiller. Un matinal amiral veut nous parler. Il a de jolis cerclages de fer autour des cornes.
Il nous confirme que la corruption était volontaire, et que le but du coupable était de se faire remarquer. Une menace, probablement. Le suspect principal est un voyageur encapuchonné (comme souvent, fait remarquer Syd). Elfe ou humain. Il ou elle venait d’Urupa, et a fait halte à Jaspebourg. Les dates correspondent. Nous sommes donc mandatés pour en savoir plus là-dessus. Á la clef, 2 pièces d’or, plus cinq si nous ramenons des informations tangibles et dix si nous ramenons le coupable.
Notre contact est à la “Taverne du Chat Errant” à Urupa. La route la plus directe prend une
semaine de marche entre Jaspebourg et Urupa. Nous décidons de la prendre.

Les festivités de La Prune

Nous repassons encore une fois devant la Falaise du Boulet, et faisons halte à Jaspebourg. Mes compagnons boivent–pas moi.
Le matin, le sentiment d’urgence Horrifique me tenaille. Je prends mon sac géant, vais dans chaque chambre, prends les affaires de tout le monde et pars. Ils me suivent d’un air léger. Nous nous éloignons des contreforts de la forêt à présent purifiée. Le paysage est plaisant, comme le climat. Quelques maisons de paysans sont juchées sur les collines au loin. Tazok essaie de s’approcher des animaux que nous croisons, sans succès.
Au bout d’un moment, le sol se met à trembler. Un monstrueux taureau de cinq pieds et demi au garrot nous fonce dessus. Alors qu’Aylaan s’envole, que tout le monde s’écarte et que je reste planté là, un humain surgit de nulle part, vêtu de noir, et maîtrise le taureau lancé à pleine vitesse. La pauvre bête est ligotée au sol en quelques secondes.
L’homme au sourire étincelant a un grand et bel (et probablement magique) arc dans le dos. Il se présente comme “Kérane” (phonétique). Il nous invite à la feria du village de la Prune, non loin. Apparemment, on n’y tue pas les taureaux. Des pruniers sont plantés tout autour du hameau, qui a transformé ses deux rues en arène pour l’occasion.
Le but est de toucher le bas du dos des taureaux, et de revenir. Aylaan veut y aller, mais la condition de ligature des ailes la refroidit. Jarod se lance dans l’arène, fougueux comme doivent l’être les adolescentes Troll. Sa tactique est osée : elle se met à contre-charger le taureau, se jette au dernier moment sur le côté, et marque sa touche au prix d’une ruade ! LA FOULE EST EN DÉLIRE!
Motivé par sa réussite, je suis Jarod. Au deuxième essai, j’arrive à bloquer difficilement le taureau en charge, et je le renverse en grognant. Les arbitres comptent cinq touches. Plus tard dans la soirée, Kérane vient et touche douze fois les taureaux, sans forcer.
Je décide d’aller dormir pendant que les autres boivent. Tard dans la nuit, la musique cesse et nous allons tous dormir. Enfin.

Séance 2

Les ombres de Barsaive Marchetti_Simon Marchetti_Simon