L'Occupation des Barsaive

De la position des Thérans, et de l’impact des Ombres sur la guerre

Avant le Châtiment, les Thérans avaient déjà de larges vues sur la province de Barsaive, et les guerres de l’Orichalque l’ont bien prouvé. En avance technologiquement et militairement, les Thérans sont un adversaire dangereux et imprévisible dont les royaumes de Barsaive se méfient grandement. Mais pendant que la reconstruction bat son plein, force est de constater qu’ils se font globalement discrets. Mis à part quelques escarmouches autours des monts du Tonnerre, les Thérans ne montrent pas de force militaire quelconque, et Barsaive s’en porte d’autant mieux. Jusqu’à la bataille des pics du crépuscule.
Les événements menant à cette guerre sont flous et assez discutables, toujours est-il que deux éléments importants sont à retenir. L’issue de cette bataille a entraîné une défaite militaire Thérane et une diminution conséquente de la flotte aérienne des Trolls du cristal, un terreau propice au développement des Orcs et des royaumes de Cara Fahd. Les Orcs sont farouches et violents, et leur haine envers leurs anciens maîtres ne connait aucune raison. Les Thérans doivent les garder sous contrôle. Ainsi donc, la légitimité d’une manoeuvre militaire en Barsaive est assez évidente.
Le reste n’est qu’une histoire de pouvoir, et la récente arrivée sur le trône de l’empereur Andréalfus, suite à la disparition suspecte de son prédécesseur, provoque cette attaque de l’empire sur la province. Le jeune empereur, bien qu’assoiffé de conquêtes, n’est pas idiot : il sait qu’ils rencontreront de nombreux obstacles sur la route de Throal. Il mène alors une attaque simultanée sur plusieurs fronts, de sorte à isoler Throal de ses alliés. Prêt à rencontrer une résistance certaine. A commencer par les T’Skrangs.
Mais les T’Skrangs sont malades, il semblerait qu’un mal étrange aie sévi dans le fleuve serpent, mettant en danger plusieurs familles. L’affaire est étouffée : les T’Skrangs ne partageant pas volontairement ce genre de renseignements. Toujours est-il que les Thérans connaissent cette maladie : une malédiction de sang lancée sur des vivres visant à attaquer la fertilité des femelles. Une malédiction que les Thérans semblent avoir déjà subi, ils procurent aux T’Skrangs un remède magique contre un accès complet au fleuve serpent.
Le deuxième écueil est celui du bois de sang : les elfes ne verront pas d’un bon oeil l’intrusion des Thérans dans la région, et ceux-ci ne s’en sortiront pas par diplomatie. Fort heureusement pour eux, les elfes de sang sont très mal vus dans la province, et on raconte bien des choses sur leur véritable identité. La confiance des populations leur a été retirée : ils ne parviennent pas à organiser un front de défense devant l’envahisseur… Encore une fois, les Thérans passent sans effort.
Enfin, Throal. Andréalfus sait qu’il va devoir négocier à haches tirées devant le roi nain, et il sait que le sang va irrémédiablement couler. Il s’apprête à mener une longue guerre d’usure devant le bunker nain : il n’en est rien. A l’arrivée des diplomates Thérans, on vient de finir d’enterrer le roi Varulus III, assassiné sur sont trône par une horreur. Le roi suivant n’est pas choisit, et les nains ne sont pas prêts pour la guerre… Le royaume de Throal tombe ainsi sans plus d’encombres que de surprise aux mains des Thérans. Throal sera prise le 16 Teayu, 74 PC.
Les pertes humaines des Thérans sont minimes. Mais Andréalfus ne s’attendait pas à une victoire aussi rapide : aussi n’a-t-il pas mobilisé les moyens nécessaires à l’annexion de Barsaive. Afin de ne pas risquer la crise économique, et afin de brosser les différents dirigeants de la province dans le sens du poil, il leur propose une régence. C’est ainsi qu’un humain arrive à Throal et se fait construire un trône à coté de celui du roi des nains : le régent Crocell.

Du bon roi Varulus IV, du Régent Crocell et de ses ministres.

Jeune, peu sur de lui, appuyé par Crocell et probablement détesté par les autres clans nains, Varulus IV est un jeune nain à la barbe tressée assez fine et plutôt claire. Il est de taille assez grande, et est plutôt imposant de par sa stature, et affiche une bonhomie de tous les instants. Il a l’habitude de se vêtir d’habits brillants ostentatoires, et est perçu par les nains comme un dirigeant fantoche, mais sympathique. Le nouveau roi des nains est un héritier curieux : il s’agit d’un bâtard de Varulus III, les véritables descendants de ce dernier ayant trouvé la mort après avoir mené une escarmouche suicidaire contre un convoi diplomatique Théran.
Crocell, quand à lui… C’est un humain d’âge vénérable, aux cheveux blancs et aux yeux sombres. Il porte le poids des âges sur ses épaules, aussi se tient-il toujours voûté. Il s’habille des tissus les plus nobles qu’il puisse trouver et porte avec fierté de nombreux bijoux brillants (dont certains en orichalque). Il est plutôt petit et frêle, mais son service d’ordre imposant lui évite bien des agressions. Sa garde rapprochée, notamment, est constituée de soldats qui présentent la particularité d’avoir le visage intégralement dissimulé derrière un masque de fer intégral.
La même particularité est retrouvée chez les ministres Thérans qui sévissent maintenant en Barsaive. Leur rôle est de conserver l’ordre et la paix, et ils sont souvent à la tête de plusieurs bataillons de soldats, stratégiquement répartis en Barsaive. Beaucoup de choses sont racontées à leurs sujets : on raconte que le masque qui les aveugle leur permet d’être en communication permanente, qu’ils sont en réalité des machines, ou même que ce sont des rejetons d’horreur. Toujours est-il qu’ils inspirent terreur et respect aux populations, et gardent toute velléité de révolte fermement sous contrôle.

De l’emprise politique des Thérans

Une prise de pouvoir sans guerre ouverte est un terreau fertile aux rébellions de mauvais aloi. Les Thérans feront donc tout pour éviter cela. En conséquent, ils mettent tout en oeuvre pour calmer les populations.
Tout d’abord, une politique de répression sans pitié bat son plein : les dissidents sont envoyés dans les mines d’Orichalque pour des durées variables et les récidivistes sont exécutés. Une milice spéciale s’occupe de traquer les rebelles et d’appliquer leur peine. On les appelle les dos-verts, en raison d’écharpes vertes qu’ils portent en signe de reconnaissance. Ils sévissent un peu partout en Barsaive, et bien qu’ils essayent de cultiver une image de bienveillance et de pardon, ils sont quand même globalement considérés comme des esclavagistes et des bourreaux.
Pour ce qui est des T’Skrangs, les Thérans ont réussi à enclaver le fleuve serpent économiquement, en proposant le fret par navires volants. Ce nouveau moyen de transport ultra compétitif en raison de la supériorité technologique des envahisseurs entrave dramatiquement les activités des hommes-lézard, aussi les Thérans leur propose-t-il des aides financières en échange d’un contrôle direct sur leurs routes commerciales : tous les navires embarquent maintenant au moins un Théran. Souvent des T’Skrangs d’ailleurs, et ceux-ci sont très mal vus de leur congénères. Il est à noter qu’Urupa est devenue une cité-état, après que Charles Vestérin ait conclu un accord avec les Thérans. Ils l’ont aidé à éliminer les autres familles nobles de la ville contre sa coopération totale. Vestérin ne s’en cache pas, et assure une répression des actes de rébellions encore plus dure et cruelle que les fameux dos-verts.
Les orcs ont été battus à plate couture, et de nouveau réduits en esclavage. Ils servent d’exemple aux yeux de toute la province, et les Thérans n’ont pas besoin de le rappeler. Une nouvelle forme de justice a d’ailleurs été instaurée, qui permet de payer ses dettes et ses amendes en esclaves. Toute famille a le droit de vendre ses enfants, tout le monde peut résorber toutes ses dettes en se soumettant au marché humain. Les administrateurs Thérans ayant l’habitude de ce système, ils ont su en jouer pour garder sous contrôle les populations de la totalité de la population.
C’est donc ainsi qu’en 74 PC, toute la Barsaive est occupée. Toute ? Non. De petites communautés isolées résistent encore et toujours à l’envahisseur.

Des zones de trouble dans la Province

En effet, si les Thérans contrôlent une vaste majorité de la région, force est de constater qu’ils ont du mal à percer certaines défenses. Cela est la plupart du temps dû à l’inévitable soulèvement que produirait une opération militaire d’envergure dans un endroit ciblé. Les Thérans jouent sur la présence militaire et politique : ils ne peuvent se permettre de relâcher leur attention pour se concentrer en un point précis.
Ainsi donc plusieurs zones échappent au contrôle des Thérans ; à commencer par la plus grande d’entre elles : le bois de sang. Les Thérans n’avaient pas pris conscience de la nature même des elfes de sang, qui les rend imperméables à la peur. La défense acharnée du bois de sang leur a bien montrée que ce ne serait pas aussi simple que cela, à moins d’exterminer la cour elfique dans son ensemble (un choix discutable en termes d’image). On raconte aussi maintenant que des créatures curieuses se sont jointes aux efforts des elfes, des parodies d’animaux grotesquement déformés pour
le combat, et tous munis de cette même malédiction qui ronge les habitants du bois. Les Thérans ne passent pas : leurs armées se font détruire et leurs diplomates reviennent en morceaux. Statut Quo, aussi les Thérans ont-ils décidé d’entourer le bois de camps fortifiés.
Une autre zone tranquille est toute la zone du nord-est de la province : les plaines séléniques et Parlainth. On ignore encore pourquoi il en est ainsi ; mais on suppose que les Thérans ne comptent pas les sylphelins comme des ennemis dangereux et qu’ils ont assez à faire avec les donneurs-de-noms pour ne pas avoir envie de s’occuper de la plus grosse ruche à horreurs de la province. Ainsi donc la zone est officiellement sous contrôle Théran, mais est nettement moins occupée en termes d’hommes et de matériels.

Les Mauvaises Terres, elles aussi, sont libres de l’occupation Thérane en raison même de leur nature de terre corrompue et viciée. Il en va de même pour les marais brumeux et la mer écarlate : jugés inhabitables par l’envahisseur.
Enfin, le dédale de cavernes sous les montagnes de Throal est un coupe-gorge pour les Thérans trop aventureux : les plus conservateurs des nains y ont trouvé refuge. On raconte même que Racine-de-Terre leur apporte son aide, ce qui semble absurde au vu de sa réputation.
Les dragons ! Parlons-en. L’arrivée des Thérans a bousculé les reptiles, et on raconte qu’on a vu quatre d’entre eux voler lentement en cercle autours des Monts du Dragon pendant près d’un mois. Cependant, aucune hostilité particulière n’a été démontrée contre les Thérans et les dragons ne souhaitent visiblement pas prendre parti dans le combat.
Un autre fait est assez troublant : les routes de commerce aériennes des Thérans ne sont pas si sûres ! Il semble que de nombreux pirates sillonnent les airs, et qu’il soit difficile d’en déterminer la provenance. En tout cas, toutes les races de donneurs-de-noms ont été recensées parmi les attaquants, fait étonnant et inquiétant…

Voilà, en substance, ce que l’on sait de la situation. Le concours de circonstances ayant simplifié l’invasion a aussi permit à Barsaive de garder ses troupes. Sous contrôle, désarmées, mais intactes. L’occupation se déroule ainsi sans trop d’accroc, pendant un peu plus de deux ans. Jusqu’au jour où…

L'Occupation des Barsaive

Les ombres de Barsaive Marchetti_Simon Marchetti_Simon